Né en 1951 à Paris, Jean-Pierre Valat a travaillé de nombreuses années au sein du groupe des Artistes du Parnasse ainsi qu’à l’Académie de la Grande chaumière.
Son oeuvre riche et puissante trouve ses origines dans le fauvisme et l’expressionnisme.
Huile, acrylique et pastels gras sont ses moyens d’expression préférés qu’il n’hésite pas à rehausser de collages dans des compositions très élaborées et audacieuses.
Au travers de thèmes classiques (la femme, le paysage, …), sa maîtrise du trait, la puissance de ses couleurs, le rythme et la gestualité de sa peinture confèrent à celle-ci son caractère si particulier.
Comme l’a si bien résumé Christine Louart : La peinture de Jean-Pierre Valat est belle, riche et vivante.
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Jean-Pierre Valat, peintre de l’ontologie féminine solaire
par Marc Debergh, Historien et critique d’art
Né dans le tourbillon artiste des années 1950, Jean-Pierre Valat a ramassé dans ses premiers regards de lumière et de feu tous les élans de l’Occident et des Orients, proches et lointains.
Il s’est formé à la contemplation de la nature et à l’anthropologie existentielle dans toutes les facettes.
Dès son jeune âge il cultivait la ligne et la couleur. Leçons efficaces des écoles, interrogations incessantes d’un esprit curieux et dynamique qui choisit ses lieux de jouvence, ses thèmes et ses sujets, qui travaille seul avec le crayon et le pinceau et enrichit notre réel de son imaginaire et de son univers essentiellement solaire.
C’est l’histoire d’un long parcours passionné depuis l’enfance et l’adolescence jusqu’au mûrissement permanent d’un virtuose de la musique des couleurs, des formes et des rythmes qui s’épanouit dans ce troisième millénaire.
Valat nous livre désormais une œuvre maîtrisée dans toutes les techniques : huile où il excelle, acrylique où il jette ses pulsions, pastels gras, gouache, crayon noir, encre, collages… Pendant de nombreuses années, il fut une des figures de proue du groupe des artistes du Parnasse, non seulement en référence topographique mais encore au vu de ses déploiements d’images venues des muses : nouvelle densité conjointe à son talent d’analyste des âmes.
Le peintre accomplit ainsi une sorte de parachèvement de l’esprit des lumières qu’il avait assimilé au lycée Condorcet, sous la tutelle d’un immense professeur de lettres, son premier maître vénéré, Roger Ikor.
Mais, dans les premières années de l’épanouissement graphique et pictural, restent très vivaces les imprégnations de l’académie de la Grande Chaumière et celles d’un autre maître, présent et caché Jean Laniau, un des grands dessinateur et sculpteur de notre temps.
La troisième dimension présente depuis l’adolescence chez Jean-Pierre Valat, c’est la communion permanente à la peinture universelle des paysages de la nature et de l’être humain dans son esprit culminant : la femme singulière et diverse, unifiante et panthéisée. Une solide connaissance de la présentation (directe et imprimée) des courants picturaux du paysagisme flamand, italien, napolitain, bellifontain couvrant plusieurs siècles, depuis le XVI siècle au moins, alliée à la pénétration psychique des écoles symbolistes, romantiques, fauves et expressionnistes est ici pleinement opérative. La contemplation visuelle s’installe en lui corroborée par la méditation des textes, par la fréquentation de la nature et des êtres.
Jean-Pierre Valat retrouve en tout cela, et il le cristallise dans son talent, l’essentiel qui est la force impétueuse et l’intensité du sentiment reçues par lui, éprouvées par lui et rendues au monde dans une expression directe qui donne, œuvre après oeuvre, ce style très personnel où la muse est toujours présente, et qui, sur la toile, tels ces nombreux musiciens, nous imprègne d’une virtuosité à la fois sereine et enivrante.
On mettra aussi ses œuvres en rapport avec Gauguin, l’essentiel de Gauguin, les couleurs et le dessin de Pierre Bonnard (pensons au très beau composé chromatique de l’intitulé A table de 1899), les lignes fortes de Matisse (corpus des dessins).
La familiarité que nous trouvons chez Jean-Pierre Valat avec les fauves et les expressionnistes, on l’a saisit tant chez les maîtres du sud que du Nord, tant en Europe Centrale que dans l’Orient slave, byzantin et post-byzantin.
Il est difficile de parler brièvement de Valat qui maîtrise les thèmes classiques : paysages à la composition savante, grandes compositions de recherche formelle colorée, femme en pied, en buste, gestuelle, musicienne, instrumentiste, cantatrice, danseuse… Valat fait éclater ces thèmes dans la brillance, l’embrasement des couleurs. Il est coloriste d’instinct, comme il est musicien de l’âme (rythmes, chorégraphies, danses sacrées de l’Inde, de l’Hindoustani, du Bengale). Il sait conserver aux couleurs les propriétés et les justes résonances.
C’est en regardant Valat peindre que l’on se plaît à retrouver l’élan vital des guides que furent dans la ligne, la couleur, la lumière, la composition, la lecture intérieure, les portraitistes coptes et romains des premiers siècles.
C’est en regardant Valat que l’on évoque les belles compositions de Delacroix, Ingres, Théodore Chassériau, Marquet, Matisse, Rouault, Van Dongen, Derain, Vlaminck, Friesz, Soutine, Permeke, Kokoschka, Kikoïne.
Valat exalte l’intensité de la couleur, comme les Byzantins, comme les iconographes de Novgorod, les abstraits expressionnistes, Poliakoff et le lyrisme éclaté de Sam Francis…
Valat nous émeut dans son génie de fixer des compositions paysagistes : le Morin, Fontainebleau, les bords de Seine ; des compositions humaines : musiciens en action, inspirations indiennes sous jacentes, vibrations des rites et des liturgies hindouistes, constantinopolitaines, grecques de Crète et du continent, slaves des itinérances, cosmopolitisme et sens de la pensée universelle, chamanique s’exerçant dans une sensualité solaire et transfigurative. Corps sensibles, corps lumineux, corps de fusion à la nature et à l’être. Ontologie et phénoménologie. Apparence et révélation, connaissance de soi et du monde. Nouvelle naissance. Evolution, transformation dans l’unique regard d’amour de la vie.
Au terme des étapes actuelles de son parcours, Jean-Pierre Valat apparaît comme un maître de l’intense figuration porteuse de sens. Tension et harmonie de l’être, communion à la nature, panthéisation renforcée du phénomène humain, esprit de liberté et de paix : tels sont les éléments qui caractérisent un maître de la couleur, de la chaleur, de la densité, de la ligne, de la composition. Valat établit les éléments de jonction des attirances Orients et Occidents dans une pluralité dynamisante.